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Par G.B.H, le 08.09.2025
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Date de création : 21.10.2014
Dernière mise à jour :
25.09.2022
218 articles
Samedi 17 avril 2021. Je rejoins Roland et Kaoli à 7h, au départ du télésiège de Morsullaz. Notre objectif du jour est le Grand Bargy par le couloir des Ranges. Nous avons fait connaissance il y a deux semaines de cela, lors d'une virée au Grand Bargy, mais par la voie normale de la Combe d'Encrenaz. Je connaissais Roland de réputation, grâce notamment aux sorties qu'il renseigne sur Camptocamp. Ses choix de courses et de randonnées me laissaient penser que l'ancien à la caisse et le pied montagnard. La sortie au Grand Bargy a largement confirmé mes impressions. C'est donc en toute confiance que je me suis laissé entraîner dans le projet du jour.
La journée commence par 5 minutes de portage pour rejoindre ce qu'il reste de neige sur les pistes de ski. Mine de rien, cela fait trois ou quatre sorties que je termine le journée en me disant : « C'est la dernière, je range les skis. ». Mais à chaque fois, une petite chute de neige ravive l'intérêt. Là, ça commence tout de même à franchement sentir la fin, même si ce versant Nord des Bornes va encore garder la neige un bon bout de temps. La montée est efficace, et nous rejoignons l'arrivée du télésiège après 40 minutes. Nous mettons les skis sur les sacs et sortons crampons/piolet. La montée dans le sous-bois derrière le télésiège est facile. On peut même apercevoir le marquage jaune et quelques cairns. Mais assez rapidement, la neige recouvre tout.
Nous doutons une première fois. Il nous faut entamer la traversée horizontale qui doit nous mener à l'attaque du couloir des Ranges. Celle-ci est évidente en été, avec un balisage bien visible et une trace facile à suivre. En hiver, le problème est bien différent. Nous traversons donc au mieux pendant un bon moment. Roland et moi-même essayons de reconnaître le paysage, mais la neige uniformise tout. La traversée se fait dans un sous-bois qui court au milieu des falaises. Malgré la présence rassurantes des arbres, il ne faut pas oublier que de grandes barres rocheuses se trouvent à notre aplomb. Nous nous concentrons particulièrement lors des rares traversées où les arbres disparaissent pour laisser place à de grandes pentes vierges.

Après un nouveau moment de doute, Kaoli réussit à charger sur son téléphone la trace GPS de l'itinéraire. J'y avais pensé la veille, mais comme souvent, j'ai estimé que je connaissais suffisamment l'itinéraire en été. Encore une fois, l'expérience me prouve qu'il est utile de mettre le maximum de chances de son côté, surtout quand ladite chance se présente sous la forme d'un GPS de quelques grammes...
La suite de la traversée se passe sans encombre, et nous débouchons enfin à l'aplomb des grandes parois derrière lesquelles se trouve le couloir des Ranges. Il nous faut encore traverser un peu, avant de monter droit vers la paroi, pour ensuite revenir à gauche vers le départ du couloir. Je redoute particulièrement ce passage, qui dans mon souvenir se fait au-dessus d'une grande pente herbeuse donnant directement sur le vide. Le souvenir est exact, et la traversée s'avère éprouvante mentalement. Nous restons contre la paroi, d'abord pour profiter de quelques prises, mais surtout car la pente de neige dessous est très dure, alors qu'ici nous avons encore de la poudre sous les pieds. Nous remontons ensuite prudemment vers la paroi. Roland et Kaoli passent à ma droite par la pente de neige, alors que je remonte dans une zone où je trouve quelques petits arbustes pour m'aider.


La traversée à gauche qui fait suite est un peu moins foireuse, et la première vue du couloir est plutôt engageante. Je fais la trace et remonte le premier tiers, large et peu raide, dans une poudre tassée où il est facile de progresser. Le deuxième tiers est un peu plus raide, mais surtout très encaissé. La progression est pénible. Le sac et les skis raclent de tous les côtés. Quelques passages sont un peu goulottés, avec de courtes portions en neige très dure, voir en glace. Kaoli prend la relève sur ces passages et progresse rapidement. Je prends la relève sur le dernier tiers en poudre tassée, où le couloir s'élargit à nouveau. A plusieurs reprises, de petites purges sans conséquences courent le long de la paroi à droite du couloir. Ambiance...



Il est un peu plus de 10h lorsque nous atteignons le sommet du couloir. Nous sommes plus lents que ce que j'avais imaginé, mais le plus difficile est à priori derrière nous. Seule la sortie du second couloir me trotte encore dans un coin de la tête. Pour le moment, nous escaladons tant bien que mal le petit ressaut qui doit nous permettre de rejoindre la traversée vers ce second couloir. Le passage est encore une fois malcommode et encaissé. Kaoli ouvre à nouveau la marche. La traversée vers le second couloir est un peu paumatoire. Difficile de voir les marques rouges. Nous perdons encore un peu de temps dans les arbres, montant et descendant plusieurs fois, avant de finalement déboucher dans le couloir.



Celui-ci est bien moins raide que les Ranges, mais également bien plus large. L'ambiance est d'un coup moins impressionnante, à l'exception de la dernière traversée que nous avons enfin le loisir d'observer. Je demande à Roland si c'est bien là qu'il va falloir passer, alors même que je connais déjà la réponse. C'est stupide, mais je tente de me rassurer face à ce passage si peu engageant depuis notre point de vue. La remontée du petit couloir est une formalité. Une fois sous la traversée, celle-ci s'avère très raide, en tout cas pour mon petit niveau d'alpinisme. Il reste une montée d'environ dix mètres, puis une vingtaine de mètres à faire en ascendance vers la droite pour sortir du couloir.
Je m'élève sans trop de difficultés sur les dix premiers mètres, bien que la neige soit ici bien dure. Alors que je commence la traversée vers la droite, je rencontre des portions nettoyées par des purges. La neige devient béton, et avec un seul piolet cela devient un peu trop roulette russe à mon goût. Un peu plus loin la pente plonge vers une petite barre qui surplombe le couloir. Pas envie de me foutre en l'air aujourd'hui ! Je fais prudemment demi-tour et après une rapide discussion avec Kaoli et Roland, nous signons le but. Il est 11h15 Je demande quand même à Kaoli d'aller voir au petit col situé au sommet du couloir, quelques mètres au-dessus d'elle. Il donne sur un cirque herbeux qui surplombe le télésiège et qui débouche au-dessus du départ de notre itinéraire. Sait-on jamais, ça passe peut-être à skis...Mais les espoirs sont vite douchés, et il faut nous résigner à entamer la descente en sens inverse. Le couloir dans lequel nous nous trouvons se ski et rejoint celui des Ranges à la fin du premier tiers. Mais il est à priori très raide, avec au moins un rappel obligatoire, alors que nous n'avons pas de corde...
Après une déséscalade peu commode sur le petit ressaut, je reviens au sommet des Ranges et suis très surpris de voir trois personnes au milieu du couloir. J'attends qu'ils me rejoignent pour poursuivre ma descente, et éviter ainsi de les bombarder. Nous échangeons rapidement et je reprends ma descente, alors que Kaoli et Roland discutent un peu plus longuement avec eux. Je sais que c'est mon gros problème dans ce genre de situation. Lorsqu'il faut battre en retraite dans un terrain foireux, j'ai trop tendance à foncer pour revenir aussi vite que possible dans une zone plus facile. Cela avait déjà été le cas au couloir de la Petite, où j'avais laissé Patrick et Elena loin derrière.

Mais cette fois-ci, j'arrive à me calmer et à reprendre mes esprits. Après avoir passé la partie médiane du couloir et ses portions encaissées en neige dure, je m'arrête pour attendre Kaoli et Roland. C'est aussi l'occasion de me réchauffer les mains. Mes gants sont trempés depuis un bon moment, et je commence à avoir de plus en plus froid. Roland ouvre la marche pour la dernière partie, suivi de Kaoli alors que je m'arrête de plus en plus souvent pour serrer les poings.
Ce petit retard me fait perdre de vue mes compagnons au niveau de la traversée foireuse au pied du couloir. Dernier passage difficile et exposé. La tension monte d'un cran contre la paroi, où le passage s'avère bien moins pratique qu'à la montée, avec un rocher bombé plus gênant dans ce sens. Enfin, je rejoins Roland et Kaoli à l'entrée de la traversée en forêt. La tension descend d'un coup, et une onglée pas possible me bousille les mains. Roland propose sympathiquement de me passer sa paire de gants. Après quelques minutes de martyr, mes mains reviennent. La traversée vers l'arrivée du télésiège est bien moins laborieuse que le matin.
Arrivés à l'aplomb d'un petit couloir, peu avant le télésiège, Roland propose de chausser les skis. De ce que nous avons vu ce matin, la petite étroiture du bas ne devrait pas poser problème. J'ouvre la marche dans une poudre tassée sur fond dur, bien sympa à skier. L'étroiture est finalement bien étroite. J'hésite un moment à sauter les deux mètres qui me séparent du cône d'avalanche au pied du couloir. Finalement, je choisis de m'asseoir et de descendre en m'aidant du rocher. Une zipette plus tard, j'ai dévalé vingt mètres en roulé boulé dans le cône d'avalanche jusqu'à m'immobiliser contre un petit sapin. Roland et Kaoli choisissent plus sagement de déchausser, et de passer dans les arbres à droite de l'étroiture. La suite de la descente sur les pistes est anecdotique, avec une pause déjeuner au parking. Encore une belle journée en montagne en compagnie de passionnés, qui s'est transformée en une sacrée mission, et un beau souvenir dont on pourra rire un bout de temps.